Les actions américaines à la traîne après le rebond du T1
Fazen Markets Research
Expert Analysis
Paragraphe d'ouverture
Les actions américaines ont sous‑performé une large partie de leurs homologues mondiaux au cours du premier trimestre 2026, une tendance qui s'est cristallisée dans les données de la mi‑avril et qui a relancé le débat parmi les allocateurs institutionnels. Le S&P 500 a gagné 6,8% depuis le début de l'année au 16 avril 2026, tandis que le MSCI ACWI ex‑US a progressé de 11,3% sur la même période (Bloomberg, 17 avr. 2026 ; MSCI, 15 avr. 2026). Cet écart de 450 points de base est significatif : il reflète non seulement des différences sectorielles et de style, mais aussi des expositions macroéconomiques divergentes aux taux, aux devises et aux cycles de matières premières. Parallèlement, l'IPC américain a ralenti à 3,2% en glissement annuel en mars 2026 (BLS, avr. 2026) alors que l'objectif des fonds fédéraux restait élevé, autour de 5,25% après la décision du FOMC de mars (Réserve fédérale, mars 2026). Pour les investisseurs institutionnels, ces écarts de performance transfrontaliers posent des questions tactiques et stratégiques concernant les positions sur‑/sous‑pondérées, le coût des couvertures et le risque de valorisation.
Contexte
Le marché actions américain a fait la une pendant une décennie, mais la leadership régional est cyclique. Après une forte période 2021–2024 pour la croissance des large caps, le premier trimestre 2026 a livré un tableau plus contrasté, avec des expositions cycliques et value hors des États‑Unis qui ont surperformé les indices américains fortement axés sur la technologie. La progression de 6,8% du S&P 500 depuis le début de l'année au 16 avril contraste avec les performances parfois supérieures du Nasdaq‑100 en début d'année, tandis que les small caps et de nombreux indices internationaux ont dépassé l'indicateur américain principal. Des précédents historiques — comme la relative vigueur des actions européennes en 2017 ou la domination américaine en 2019 — montrent que la rotation du leadership suit les dynamiques macro, monétaires et sectorielles plutôt que d'indiquer un changement de régime permanent.
Les mouvements de change ont amplifié la divergence apparente. Le dollar a culminé fin 2022 et a évolué dans une fourchette plus étroite en 2025–26, mais une légère dépréciation au T1 2026 a boosté les rendements rapportés pour les investisseurs non américains en termes de monnaie locale. Pour les mandats institutionnels libellés en dollar américain, la traduction en devise a été un facteur secondaire contribuant à la progression de 11,3% YTD du MSCI ACWI ex‑US (MSCI, 15 avr. 2026). Parallèlement, les révisions de bénéfices ont compté : les prévisions consensuelles de croissance du BPA 2026 ont été révisées modestement à la hausse pour l'Europe et certaines zones d'Asie alors qu'elles ont été abaissées pour certains titres technologiques américains, modifiant ainsi les narratifs de valorisation relative.
Le contexte de politique monétaire reste central. Le taux de politique de la Réserve fédérale à 5,25% (post‑FOMC de mars) et la normalisation graduelle de la Banque du Japon ont avancé des chemins d'actualisation différents selon les marchés. Des taux plus élevés aux États‑Unis compressent les flux de trésorerie de longue durée — affectant de manière disproportionnée la technologie et d'autres secteurs long‑duration — tout en améliorant le rendement des secteurs financiers et value qui dominent nombre d'indices non‑américains. L'interaction entre politique, croissance et devise explique en grande partie la divergence observée jusqu'à la mi‑avril 2026.
Analyse approfondie des données
Trois points de données concrets encadrent le récit transfrontalier. Premièrement, les rendements year‑to‑date du S&P 500 de +6,8% au 16 avril 2026 (Bloomberg, 17 avr. 2026) versus MSCI ACWI ex‑US +11,3% au 15 avril 2026 (MSCI) représentent un écart de 4,5 points de pourcentage. Deuxièmement, sur une base à un an, le S&P 500 avait augmenté d'environ 12,5% tandis que le MSCI ex‑US avait progressé d'environ 18,4% — un différentiel de 590 points de base — indiquant que la surperformance ne se limitait pas à la période YTD mais s'était construite sur plusieurs trimestres (S&P Dow Jones Indices ; MSCI, avr. 2026). Troisièmement, les différentiels de volatilité étaient notables : le Cboe VIX a affiché une moyenne proche de 16 au T1 2026, tandis que les volatilités implicites sur les indices européens étaient proches de 13, reflétant une base d'investisseurs plus calme pour certains marchés internationaux malgré des risques géopolitiques et macro régionaux persistants (Cboe ; Bloomberg, avr. 2026).
Les décompositions sectorielles expliquent une grande partie des chiffres. La technologie et les services de communication représentent environ 40% de la concentration de la capitalisation du S&P 500 sur les large caps, amplifiant la sensibilité aux mouvements de taux et à la dynamique des bénéfices (S&P Dow Jones Indices, pondérations sectorielles T1 2026). En revanche, les indices européens ont des pondérations plus élevées en financières, énergie et industrielles — secteurs qui ont bénéficié de la réaccélération de la production manufacturière mondiale et de la stabilisation des prix des matières premières fin 2025 et début 2026. Sur les bénéfices, les révisions du BPA anticipé sur 12 mois pour l'Europe se sont améliorées de 2,3 points de pourcentage entre décembre 2025 et avril 2026 contre une hausse de 0,8 point pour les États‑Unis (consensus Bloomberg, avr. 2026), un différentiel qui aide à expliquer le rerating des valorisations hors des États‑Unis.
Les métriques de positionnement des investisseurs corroborent l'histoire des flux. Les gérants actifs ont réduit progressivement leurs positions surpondérées en actions américaines au cours du T1, selon des enquêtes sectorielles, tandis que les flux d'ETF ont montré des entrées nettes dans les ETF actions internationales totalisant 18 milliards USD au T1 2026 contre 12 milliards USD dans les ETF actions américaines (Flow of Funds ; rapports de l'industrie des ETF, T1 2026). Ces flux sont cohérents avec un effet de poursuite de la performance mais reflètent aussi des rééquilibrages systématiques et des considérations de couverture de devise pour les caisses de retraite et les fonds souverains.
Implications sectorielles
Aux États‑Unis, les secteurs cycliques tels que les industrielles et l'énergie ont soit été à la traîne soit n'ont surperformé que modestement alors que les marges ont été mises sous pression par la normalisation des matières premières, tandis que les financières ont connu des réactions mitigées à l'environnement de taux. Les marges bancaires ont bénéficié de rendements plus élevés sur les instruments à court terme, mais la croissance des prêts s'est affaiblie — la croissance des prêts commerciaux a décéléré à un taux annualisé de 2,1% au T1 2026 (données FRB, avr. 2026). Les titres énergétiques ont gagné là où l'exposition aux fondamentaux en amont du pétrole et du gaz s'est améliorée, mais ils n'ont pas égalé la performance du complexe énergétique international élargi car de nombreuses grandes entreprises énergétiques non‑américaines ont bénéficié de meilleures marges midstream et raffinage en raison de coûts d'approvisionnement différenciés.
À l'international, les exportateurs en Allemagne et en Corée du Sud ont surperformé grâce à la stabilisation de la demande et au réapprovisionnement des stocks ; le DAX allemand a progressé de 9,6% depuis le début de l'année jusqu'à la mi‑avril, tandis que la Corée du
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